L’Agora

Longueur/largeur int : 435/613 cm
Hauteur int max : 237,50 cm
Hauteur int min : 216 cm
Altitude : 691 m
Surface : 26,6 m2
Matériaux utilisés : pierre et bois
Techniques de construction remarquables : pierres maçonnées et toiture en lauzes

Oubliée des villes, au cœur d’un vallon entouré de coteaux, l’Agora sommeille. La cité perdue semble avoir été abandonnée il y a quelques décennies. Alors, la nature a repris ses droits : la végétation orne les pierres massives, les lacère. Cette cabane sauvage, abrume camouflé, est la seule construction préservée dans un hameau inanimé.

L’Agora — illustration 1

AU CŒUR D’UNE CITÉ PERDUE

L’Agora est un lieu hors du temps, situé au fond d’un vallon arboré. L’arrivée est spectaculaire. Pour trouver cet abrume, après avoir franchi un pont, il faut traverser de vieilles rues fermées de part et d’autre par des murets recouverts de mousses et de fougères. Le hameau, longtemps abandonné, a en partie ressuscité de ses cendres il y a une petite vingtaine d’années. Mentionné pour la première fois dans des documents datant du xiie siècle, il doit sa configuration actuelle, ou ce qu’il en reste, au xviie.

Surplombant une petite rivière, le site bénéficie de conditions géographiques favorables et hospitalières. Les aires de battage aménagées à proximité du lit du cours d’eau rappellent que des céréales y étaient cultivées, de même que des châtaigniers, communs dans la région, dont on utilisait le bois pour le chauffage et la construction, et les fruits pour faire de la farine. Le hameau connaît son apogée au xixe siècle et on y recense alors une quinzaine de personnes. La crise agricole de la fin du siècle puis la Première Guerre mondiale vont sonner le glas de cette petite communauté. Les maisons se vident progressivement. À la fin des années 1930, le vallon est officiellement déserté. À partir des années 1960, différents propriétaires entreprennent de rénover l’abrume qui redevient enfin habitable en 2010. Aujourd’hui géré par une association locale, il appartient à l’Office national des forêts.

À cheval sur la rue et le lit de la rivière en contrebas, l’Agora s’ancre fièrement dans le hameau. Sa fenêtre à croisillons équipée de volets en bois proclame aux téméraires de passage que le cœur d’une maison bat encore dans ce cimetière architectural. Cet abrume présente différents visages selon l’angle par lequel on l’approche. Lorsqu’on se tient face à l’entrée, il a l’apparence d’une maison en pierre à deux niveaux, protégée par une sublime toiture en lauzes de gneiss. En venant du pont voûté, on remarque un accès à un sous-sol, camouflé par l’ombre saillante d’une avancée en pierre. Depuis la rivière, plus bas dans le vallon, il se révèle dans toute sa hauteur. Ses fondations se montrent au grand jour et la maison de pierre prend alors des allures de tour médiévale. Ainsi, l’Agora est divisée en trois parties : une cave semi-enterrée au sous-sol, une salle à manger au rez-de-chaussée et un dortoir sous les combles.

L’Agora — illustration 2
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L’Agora — illustration 4
L’Agora — illustration 5