La Nomade
Longueur/largeur int : 170/220 cm
Hauteur int max : 175 cm
Hauteur int min : 0 cm
Altitude : 440 m
Surface : 3,8 m2
Matériaux utilisés : bois, terre et sable
Techniques de construction remarquables : tavaillon et torchis La Nomade est une microarchitecture aux allures de tente traditionnelle canadienne, perdue entre plaines de Champagne et paysages vallonnés de Bourgogne. Cet abrume est caché au milieu d’une zone couverte d’aubépines d’où émergent quelques chênes, sur une ligne de crête délimitant deux parcelles agricoles. Malgré sa petite taille, il nous conduit à nous interroger sur nos modes de vie.

LA PÉRENNISATION DE LA TENTE NOMADE
Pour entrer dans la cabane, il faut gravir un escalier en bois de quelques marches. La terrasse ouvre sur la vallée. L’intérieur est simple : un plancher et deux rampants en bois, deux pignons triangulaires. Cet abrume ressemble à une tente canadienne dans laquelle le bois aurait remplacé la toile traditionnelle. Des tavaillons recouvrent son enveloppe légère.
La forme de la tente a été conservée, mais pas sa fonction originelle. Malgré sa silhouette évocatrice de légèreté et de mouvement, cet abrume ne peut pas se déplacer : il a perdu son caractère nomade. Ses poteaux de bois solidement ancrés dans le sol en font une architecture symbole, la cristallisation d’un temps où les hommes et les femmes voyageaient sans cesse à la recherche de terres hospitalières.
La petite terrasse à l’avant apparaît comme un héri- tage du nomadisme, indissociable de la vie en extérieur. Elle occupe approximativement un tiers de la surface totale de la plateforme sur laquelle l’abrume est construit.
Trop bas, sous pente, sombre malgré l’étroite fenêtre qui laisse filtrer un peu de lumière, l’intérieur n’est pas un véritable espace de vie. C’est une modeste invitation à s’allonger et à se reposer. Cet abri nous pousse vers l’extérieur. Il nous incite à vivre au grand air, à aller à la rencontre du paysage. La terrasse constitue une pièce à part entière. Ce balcon sur le lointain, en partie protégé par le feuillage d’un vieux chêne, offre un espace pour jouer aux cartes, manger, ou simplement contempler le ciel et ses nuages. On ne poussera finalement la petite porte de l’abrume que pour se protéger du froid et des potentielles intempéries.





