Le Palimpseste
Longueur/largeur int : 600/485 cm
Hauteur int max : 246 cm
Hauteur int min : 246 cm
Altitude : 892 m
Surface : 29,1 m2
Matériaux utilisés : métal et bois
Techniques de construction remarquables : préfabriqué
Situé sur les contreforts d’un majestueux plateau de calcaire, le Palimpseste est caché au milieu des hêtres et des épicéas. Sa façade hétéroclite est le fruit d’une lente accumulation de différents éléments et matériaux au fil des années. Elle incarne les principes de modularité et de débrouillardise, et perpétue le souvenir des vies antérieures de cet abrume.

UNE SÉDIMENTATION ARCHITECTURALE
Le Palimpseste est un millefeuille architectural. Initialement construit autour d’un parallélépipède préfabriqué, cet abrume a connu de nombreuses évolutions. Il a d’abord été couronné d’une charpente traditionnelle donnant du relief à son toit plat. Puis l’enveloppe s’est épaissie. Elle a été recou- verte d’un bardage bois qui lui permet de se fondre dans son environnement et contraste avec l’uniformité du pré- fabriqué industriel. Une pergola métallique accrochée à la façade principale a été prolongée en bois : la première partie a servi de support à la seconde, dans un mélange de bois et d’acier, de naturel et d’artificiel.
On observe le même processus de sédimentation à l’intérieur. Les murs ont été tapissés de lambris donnant à l’espace un côté chaleureux. Le mobilier n’a pas échappé au phénomène d’accumulation. À quelques mètres de la vieille cuisinière en fonte, chargée de réchauffer l’abrume, une gazinière plus moderne s’est invitée. La cuisinette dans l’angle, où s’empilent des casseroles de différentes époques et couleurs, rappelle la vie confortable dans la vallée. Un évier est muni d’un robinet qui distribue de l’eau potable grâce à un ingénieux système relié à une source située quelques centaines de mètres plus haut dans les alpages. De toutes les vies qu’a connues cet abrume, la salle de classe est celle qui a le plus marqué les murs et l’espace. Les bancs d’école, l’estrade qui ferme le fond de la pièce, les larges ouvertures et la petite cuisine aux allures de dînette nous plongent dans le monde de l’enfance.
Dans le Palimpseste, le mobilier et les souvenirs se sédimentent, composant une fresque spatiale chaleureuse. L’espace tout entier est une invitation à réparer plutôt que jeter, à réinventer plutôt que se débarrasser. L’abrume, qui s’est transformé à chacune de ses nouvelles vies, nous incite aujourd’hui à apporter notre pierre à l’édifice.






